Dutoit - Piemontesi - Zurich

Charles Dutoit - Photo: Priska Ketterer
Charles Dutoit était hier soir à Zurich pour diriger le 3e concerto de Beethoven avec Francesco Piemontesi au piano et en deuxième partie la 15e et dernière symphonie de Shostakovich. Un de mes disques préférés est la 3e symphonie de Saint-Saens avec Dutoit. Depuis je l'ai entendu dans cette oeuvre une fois live au Tonhalle de Zurich et c'était vraiment magnifique. On connaît bien sûr aussi Dutoit en tant que mari de Martha Argerich et pour les concerts qu'ils ont fait ensemble.

Hier soir dans Beethoven il était très paternel (dans le bon sens) avec le jeune Piemontesi, que je connais depuis qu'il s'est fait remarquer au Concours Reine Elisabeth de Bruxelles dans du Mozart. Piemontesi n'est pas un pianiste virtuose et ne veut clairement pas l'être. Belle preuve de courage, d'originalité, de personnalité et de modestie. De ce fait il est assez persuasif dans Mozart et Beethoven, même bien plus que la plupart des pianistes. Le 3e de Beethoven était superbe, plein de finesses, bien réfléchi, avec quelques touches très intelligentes et originales. Et le mouvement lent d'une sonate de Mozart comme bis à imposé dans la salle une atmosphère calme et sereine propice pour apprécier chaque note de cette musique géniale de simplicité.

La dernière Symphonie de Shostakovich commence par un premier mouvement très diversifié, plein d'humour et de rythme. Les trois suivants se tirent un peu en longeure. C'est le genre d'oeuvre qu'il faut presque connaître par cœur pour en apprécier pleinement sa puissance et je suis sûr qu'elle y est, bien cachée et pas simplement accessible à tout le monde. C'est ce que j'aime dans la musique et l'art. Il faut se donner de la peine avant de pouvoir profiter de la récompense. Enfin le final était de nouveau surprenant et amusant, assez calme et signe l'oeuvre symphonique de Shostakovich par un de ces traits les plus caractéristiques à mon avis: l'humour. Bien que ce ne soit aucunement visible quand on voit des photos du compositeur...!

Jewgeni Onegin de Tschaikowski

Premier opéra de la saison à Zurich et cette fois-ci on commence avec les russes. Musique russe, littérature russe, chanté en russe, l'histoire se passe en Russie, la totale. Belle échappée dans le monde passionné et dramatique slave.

Je ne connaissait ni la musique ni l'histoire mais les deux m'ont profondément enchanté. La musique est vraiment incroyablement dense et émotive ou dramatique. Tchaikovski et son habitude de répéter ses thèmes de nombreuses fois en font très rapidement des mélodies obsédantes qui ne vous lâchent plus et en augmentent la passion. La musique traduit et renforce aussi énormément les émotions et le cours de l'histoire qui se développe sous vos yeux. Comme Rachmaninov il utilise ses thèmes en le faisant glisser et se transformer sans arrêt dans tous les sens, genre de métamorphose constante de la musique.

L'histoire de Pushkine est également superbe et inattendue, une histoire d'amour compliquée assez habituelle, des personnes qui en aiment d'autres mais ne sont pas aimés en retour, une rivalitée entre amis pour une femme qui mène à un duel et la mort de Lenki avant le dernier acte laissant Onegin à sa vie insatisfait.

Les deux rôles masculins étaient excellents. Pavol Breslik est taillé pour jouer Lenski, tout est géniale, voix, technique, émotions, jeu d'acteur, intensité dramatique, apparence, langage corporel, la grande star. J'ai également adoré Peter Mattei en Onegin, quelle voix sublime, douce et naturelle! Impressionnant!

Le quotidien d'un pianiste à Zurich

Beaucoup me disent que j'ai de la chance de vivre de ma passion et de pouvoir disposer de mon temps comme je le souhaite et c'est vrai. Mais ce que la plupart ne savent pas c'est le revers de la médaille de ce type de vie d'indépendant. Certes je me lève quand je veux et vais me promener quand l'envie m'en prend et si un jour je ne veux pas travailler au piano je peux prendre un jour de congé. Mais il faut de la discipline pour se lever tous les matins et se mettre au piano, il faut arriver à installer cette routine quotidienne. Il faut avoir également de la discipline pour continuer à travailler tous les jours au piano peu importe qu'il y ait bientôt un concert ou non. Il faut être organisé pour structurer sa journée entre les périodes de travail au piano, les cours et les moments de détentes. Il faut sans arrêt penser à de nouveaux projets, aux programmes des prochains concerts, au temps qu'il faudra pour les préparer et évaluer si on en dispose d'assez. C'est une vie terriblement aléatoire dans laquelle il ne faut jamais perde le cap.

Il y a aussi l'insécurité financière: qui sait combien on gagnera l'an prochain ou le mois prochain, combien de concerts on aura, combien on gagnera pour un tel concert? Ce n'est jamais défini ni stable. De plus le travail au piano demande un certain calme intérieur qui est difficile à trouver quand on doit s'occuper d'un milliers d'autres détails de la vie quotidienne et donner des cours. Sans parler de cette solitude permanente du matin au soir, seul face à cet instrument d'ou il faut sortir des sons magiques et accomplir des prouesses. Le contact humain est quasi absent de la vie d'un pianiste et puis soudainement on se retrouve face à une foule de gens, le public avec qui il faut arriver à communiquer et avec qui il faut être naturel et jovial après un concert. Ce sont deux extrêmes très difficiles à concilier.

Le grand pianiste et compositeur Camille Saint-Saens disait que le pianiste est une bête de travail, esclave de son piano. Et en effet, le fait de devoir travailler plusieurs heures de piano chaque jour de l'année est en effet assez contraignant, et le fait de diminuer légèrement cette cadence se fait ressentir tout de suite dans les capacités qu'on a à maîtriser l'instrument. Au plus on y travail, au plus on le maîtrise et on peut s'exprimer plus librement dessus. On devient donc très vite l'esclave d'un sommet atteint un jour ou l'autre duquel on ne peut ou ne veut plus descendre sans parler d'éventuels nouveaux sommets qu'on pourrait encore atteindre.

C'est donc un mode de vie assez difficile et très sous estimé. Il faut vraiment être fait pour ça et un peu fou de piano dès le départ pour vouloir se lancer là dedans. Mais quand c'est le cas, pour rien au monde on changerait pour n'importe quel autre travail. Car les trésors de beauté des chef-d'œuvres que l'on travaille et avec lesquels on vit au quotidien, qu'on à rien que pour soi, avec lesquels on évolue de nombreuses années et le plaisir qu'on a ensuite à les exposer au public avec qui l'on partagera un court moment ces émotions indescriptibles, est un privilège immense et un bonheur irremplaçable.

Anne-Sophie Mutter dans Bruch à Zurich

La dernière fois que je l'ai entendu c'était au Tonhalle lors d'un concert de charité dans un programme de musique de chambre avec Orkis. C'était magnifique! Cette fois-ci c'était avec orchestre, celui de l'Opéra de Zurich sous la direction de Luisi. Super chef par ailleurs!

L'oeuvre de Takemitsu ne m'a pas convaincue je dois dire. J'ai joué du Takemitsu au conservatoire que j'avais bien aimé par contre.

Le concerto de Bruch, bien connu, était assez fin et mené de façon très personnelle comme Mutter à l'habitude de faire. C'est bien-sûr une grande star, ça se voit, ça s'entend, le public le sait, tout le monde le sait. J'ai personellement préféré son concert au Tonhalle. J'aurais plutôt aimé l'entendre dans le concerto de Brahms peut-être. Car Bruch m'a un peu laissé sur ma faim.

La 4e symphonie de Brahms était comme attendue, grande, magnifique, majestueuse, grandes phrases mélancholiques aux cordes, toujours cette impression de se trouver devant un immense temple grecque aux dimensions parfaites, contruit pour un dieu grand et puissant comme Zeus.

La Bohème de Puccini à Zurich

La Bohème de Puccini, je ne m'en lasserai jamais, c'est toujours l'opéra le plus romantique que je connaisse, le plus parfait, le plus beau, le plus prenant, celui qui me donne le plus de frissons. Toujours cet air très attendu de Rodolfo où il explique qu'il est poète et qu'il vit de de son art n'ayant rien. Ce soir encore Benjamin Bernheim m'a compètement conquis. Cette voix tellement juste et tellement puissante. J'ai pensé plusieurs fois à cette impression de facilité que Pavarotti donne quand il chante et surtout même dans les aigus, car c'est aussi l'impression que donne Bernheim. Mimi était magnifique aussi dans son rôle tenu par Eleonora Burrato. Le duo était parfait.

Cet opéra est si bien du fait aussi qu'il ne soit ni trop court ni trop long, soit 2h30. La division en 4 parties est parfaite. La rencontre de Rodolfo et Mimi. La sortie dans le quartier latin. La séparation sous la neige. Les retrouvailles et la mort pour finir. C'est clair, condensé et varié. Les thèmes du début reviennent à la fin pour fermer la boucle.

En plus du passage magnifique ou les deux se rencontrent au début, il y à la fin, quand cet accord de septième arrive au moment ou Mimi rend son dernier soupir et annonce sa mort, Rodolfo ne l'ayant pas encore compris. Puis cette mélodie dramatique soutenue par des accords en noires et Rodolfo déchiré par cette perte. Un des moments le plus prenants de l'Opéra.

Mahler 6 avec David Zinman

J'essaye de ne jamais rater une symphonie de Mahler en live quand c'est possible car ces oeuvres plus que bien d'autres sont des oeuvres de concert. L'énorme orchestre de Mahler ainsi que toutes les nuances et orchestrations diverses qui font la richesse de ses symphonies ne passent pas aussi bien en CD qu'en vrai. Je me souviens bien de la 1 et la 9 au Tonhalle.

La 6e est surnommée "Tragique" car Mahler y aurait eu la prémonition de son destin en écrivant trois coups de marteaux dans le dernier mouvement qui se concrétiseront un an après la création de l'oeuvre par la mort de sa fille, sa démission forcée de l'Opéra de Vienne et le diagnostic d'une maladie de coeur incurable.

Le premier mouvement est très rythmique et mouvementé, passionné même. Le scherzo qui suit est un scherzo typique, genre d'entracte reprenant un peu les émotions du premier. Le troisième mouvement qui est lent est une longue pleinte ou angoisse silencieuse. Et puis le très long dernier mouvement que je connaissait moins est bien empreint des emotions les plus terribles, allant de la peur aux angoisses extrèmes en passant par le désespoir, la fureur, la résiliation. Ce mouvement n'en termine plus, à croire que Mahler avait peur de le terminer craingant peut-être une concrétisation de ce qu'il ressentait dans la composition de cette 6e symphonie.

Il aura quand même le temps d'en composer encore 4 autres après qui ne seront d'ailleurs pas moins angoissées mais il faut dire aussi que ce théme principal est déjà présent dans sa première symphonie. Les artistes doivent-ils souffrir pour faire leur art ou souffrent-ils de leur art? Chez Mahler comme chez beaucoup d'autres je ne suis pas sur que l'on puisse faire la distinctoin entre l'une ou l'autre thèse. Cette ambiguité entre la vie du compositeur et son oeuvre est sans doute ce qui la rend si vivante et prenante.

Nous avons eu le plaisir immense, et je parle pour le public de Zürich, c'était clairement visible et audible au concert lors des applaudissements, de retrouver notre cher ancien chef titulaire de l'Orchestre du Tonhalle: David Zinman. Toujours au top de sa forme et servant Mahler de façon exceptionelle.

Lucia di Lammermoor Zürich

Premier opéra de Gaetano Donizetti que je vais voire live. C'est sans doute son plus connu. Et la scène de la folie de Lucia est très célèbre aussi, surtout auprès des soprano colorature qui peuvent ainsi montrer leur voix exceptionellement aigues.

J'ai particulièrement bien aimé la mise en scène. Simple, ni surchargée ni vide, avec de beaux changements de lumières qui créent différentes atmosphères. La soprano Verena Gimadieva qui chantait le rôle de Lucia était vraiment superbe aussi. Une belle maitrise de sa voix et très musicienne et une présence très naturelle et agréable. Et chapeaux pour son saut de plusieurs mètre sur un matelas doublé d'une roulade, faut oser!

On présent bien Verdi et Puccini dans la musique de Donizetti. Avec un peu plus de classicisme, moins osé et modernes que ces successeurs, ce qui est tout à fait logique. Mais la scène de la folie est quand même une exception question modernité. Quand on y pense: laisser chanter une soprano colorature si longtemps seule, la laisser improviser toute une partie et le théme de la folie traduit en musique, c'est finallement très moderne. Pour l'époque ce devait être exceptionnel quand on pense que Donizetti est né en 1797!

Bref, opéra très réussi, performance à la hauteur des attentes Zürichoises, qualitée toujours au rendez-vous, c'est toujours un plaisir.

Anna Karenina Ballet Zürich

C'est la deuxième fois que je vois ce ballet à Zürich. La première fois le rôle d'Anna était tenu par Viktorina Kapitonova. Cette fois-ci c'était l'allemande Katja Wünsche qui tenait le rôle. La différence n'est pas flagrante, les deux sont d’exceptionnelles danseuses et très expressives. On pourrait croire qu'une russe serait plus crédible dans cette histoire de Tolstoï et se passant en Russie mais Katja à plus que bien fait l'affaire.

Comme la première fois j'ai été séduit au plus haut niveau par la musique, sans doute parce que je suis musicien et parce que les œuvres choisies font partie de mes préférées. Il y avait un des Moments musicaux de Rachmaninov, les 3e et 2e mouvements du 2e concerto, le fameux prélude op.2, un autre prélude pour piano, des mélodies pour voix et orchestre, bref que des bijoux de Rachmaninov, très judicieusement choisis pour ce ballet. J'était tellement touché par la musique qu'à certains moments je ne regardais même plus le ballet, ou que d'un oeuil, ce qui n'à rien à voire avec la qualité du ballet, c'est juste que pour moi la musique était tellement forte qu'elle prenait le dessus sur le visuel, et ça m'est arrivé les deux fois que j'ai vu le ballet.

L'histoire de Tolstoï est très longue et complexe, et donc difficile à résumer en deux heures. Cependant l'histoire était claire, les événements principaux et leurs personnages étaient là, les décors et costumes superbes et les chorégraphies de Spuck me plaisent toujours autant. Le choix du concerto pour piano de Lutoslawski était d'ailleurs très approprié pour les passages plus tendus et dramatiques du ballet, là où la douleur ou le mal-être ont besoin d'une musique plus dissonante ou agressive pour soutenir l'atmosphère générale du moment.

Cela donne envie de lire ou relire le roman en tous cas.

Die entführung aus dem serail von Mozart

Voilà, j'ai enfin vu en vrai cet opéra de Mozart que je connais pourtant depuis longtemps et dont j'avais vu des épisodes dans le film Amadeus. L'enlèvement au sérail devrait se passer en Turquie, qui était le sujet à la mode à cette époque et qui inspira également la marche turque de sa 11e sonate pour piano et son 5e concerto pour violon, mais était transposé ici dans un restaurant à notre époque et en Europe.

J'étais très heureux de retrouver le ténor et super star Pavol Breslik dans le rôle de Belmonte. Les rôles classique lui vont vraiment bien, et sa prestance sur scène est toujours aussi charismatique.

Mais pour une fois depuis que je suis à Zürich je dois dire que j'ai été un peu décu par le reste, sauf de Sam Louwyck dans le rôle de Bassa Selim qui était exceptionnel aussi. En effet l'orchestre était plutôt lent et peu energique, les décors étaient bien mais en ce qui concerne la mise en scène on sentait trop cette envie de faire quelquechose de spéciale et finallement c'était trop et pas claire. Les autres chanteurs ne m'ont pas vraiment touchés non plus, l'action était plate, trop statique à mon goût, je me suis vraiment souvent ennuyé dans cet opéra qui n'est pourtant pas très long.

Enfin le problème aussi est qu'on est habitué à un niveau tellement haut à Zürich qu'on devient un peu blasé. C'était quand même une représentation de haut niveau.

Ballets Petruschka et Le Sacre du printemps à Zürich

J'ai appellé mon denier chat Petruschka car je trouvais le nom très russe, exotique, amusant. Sans jamais avoir vu le ballet je connaissait pourtant bien la musique de Strawinsky.

Dans une chorégraphie sobre, sans décors ni costumes de Marco Goecke, Petruschka était assez captivant, avec des gestes rapides et très diversifiés, très fin, expressifs, passants par des jeux en duo puis des danses de groupes, ça illustrait très bien la musique et parfois pas du tout ce qui fait qu'on se demande sans arrêt plein de choses en regardant, on est surpris, choqué, étonné, on rigole, on sourit, on cherche à comprendre, bref on reste sans arrêt captivé finallement et à la fin on croit avoir compris une histoire mais ce n'est sûrement pas la même que notre voisin, l'art c'est parfois ça aussi.

Je préfère quand même de loin la musique de Le Sacre du printemps, plus forte, plus originale, plus brutale et extrème, mais je ne pouvais pas appeler mon chat Sacre... Cette musique dont le difficile début au basson, la polyrythmie et les accents sur des temps faibles puis forts, sont célèbres pour leur complexité, force et difficulté d'exécution. Il en va sûrement de même pour les danseurs et le chorégraphe, ici Edward Clug. L'ambiance était plus macabre, plus de groupes, des effets avec de l'eau sur le sol et sous forme de pluie, une histoire assez claire par contre, une agressivité évidente aussi, des danseurs incroyables, des corps presque comme des machines, souples, forts. Je ne suis pas déçu de ma première du Sacre.

Et bravo à l'orchestre et au chef pour le Sacre qui est un vrai défi à jouer et diriger!

Mozart Figaro Zürich

Julie Fuchs - Zürich Opernhaus
J'étais content de réentendre notre Julie Fuchs même si je l'avais déjà entendu dans le même opéra et même production l'an dernier. Certains des autres rôles étaient tenus par d'autres chanteurs, ce qui change quand même pas mal de choses.

Une des voix qui m'a aussi beaucoup plu cette fois-ci était Julia Kleiter dans le rôle de La Contessa. En duo avec Julie Fuchs on pouvait bien entendre les différences et en même temps apprécier l'harmonie des deux voix.

En tous cas ce Figaro, peu importe combien de fois on le voit, est toujours aussi comique et l'histoire magnifiquement truffée d'intrigues et agréablement complexe. Ces thèmes de couples, de fidèlité, de confiance, les mal-entendus, la fierté, bref encore une fois toute la palette des émotions d'une vie humaine que l'on aime à voir devant soi, pour en rire, réaliser comme on est bien tous pareils.

J'aime toujours autant le double quatuor de la fin du deuxième acte, ou octuor. Ces huit voix qui chantent et parlent dans tous les sens ne sont pourtant jamais en concurence, tout s'harmonise et reste autant dans l'ensemble que dans le détail intelligible et beau grâce à l'exceptionel génie de Mozart.

C'est finallement fascinant de réaliser à chaque fois à nouveau comme on peut apprécier toujours plus en profondeur une oeuvre d'un grand génie sans jamais s'en lasser et tout connaître. C'est la beauté de la musique et de l'art en général. Ave Mozart.

Weber Freischütz Zürich

Totalement nouveau pour moi ce Freischütz de Carl Maria von Weber. Je connaissait les thèmes principaux grâce, une fois de plus, aux transcriptions de Liszt. Je m'attendais à un genre de Fidelio de Beethoven mais en réalité pas du tout, c'est un monde musical bien particulier et très captivant. Bien qu'assez long, on ne s'ennuie pas facilement dans cet opéra, ce qui pour moi est toujours un bon signe.

La mise en scène était elle aussi géniale, Herbert Fritsch m'avait déjà conquis pas son humour et son sens de l'absurde très amusant et divertissant dans King Arthur de Purcell. Tout bouge sans arrêt, tout est ulilisé, décors, effets, video, chorégraphies modernes et amusantes en adéquation avec la musique, la modernisant même souvent.

La voix exceptionelle de ce soir était celle qui jouait le rôle de Agathe: Lise Davidsen. Que dire?: rien, c'était incroyable. Le jeu aussi était très amusant. A ces côtés Mélissa Petit était vraiment superbe aussi. Bien que je la trouvais encore plus convaincante dans King Arthur de Purcell.

Les thèmes généraux de cet opéra sont comme très souevent l'amour, le spirituel, la tentation, la rédemption. C'est en sorte pour se les rappaler que l'on va à l'opéra, car on les vit tous au quotidien et on peut ainsi les voir un peu en perspective, sur une scène, tourné en dérision, on peut rire des faiblesses et problèmes humains pendant quelques heures.

L'Opéra est vraiment un monde fascinant pour peu que l'on s'y intéresse un peu.

Roberto Alagna à Zürich

Mon premier opéra de la saison et pas des moindres. En 2003, étant étudiant au conservatoire, je décide de louer à la médiathèque trois opéras en cd et de les écouter en suivant le livret. Le premier est la Bohème de Puccini avec Alagna. C'est le choc, dans le début, l'air "che gelida manina", je suis pétrifié par la puissante et magnifique voix de Roberto Alagna et son point d'orgue sur esperanza. Depuis je suis un grand fan et mon opéra préféré est toujours la Bohème.

Cavalliera Rusticana de Mascagni et Pagniacci de Leoncavallo sont deux petits opréas d'une heure dont j'ai toujours entendu parler. Dans Cavalliera il y a un passage orchestral magnifique que je connaissait et dans Pagliacci l'air du clown qui pleure m'était aussi bien connu par Pavarotti.

Cavalliera était assez intéressant mais je dois avouer que pour moi ce n'était rien à côté du géniale Pagliacci. Il n'y a pas une minute de "boring" dans cet opéra, les thèmes sont toujours inatendus, harmoniquement ingénieux et toujours très émouvants. Alagna à gardé son incroyable puissance, sa présance unique sur scène et une technique de chant ainsi qu'une sensibilité sublime.

C'était pour moi aussi l'occasion de découvrir Aleksandra Kurzac qui à également une présance et un magnétisme sur scène, sensuelle et capable d'un jeu intelligent elle à une voix toute aussi envoutante, douce et sombre. Le jeu avec Alagna est parfaitement complice, c'était beau à voir.

Etant un peu moins fan des derniers disques "pop" qu'Alagna à fait les dernières années j'avais un peu peur qu'il ait perdu sa magnifique voix, mais j'ai eu la confirmation ce soir que Alagna est toujours le plus grand ténor vivant et en suis plus qu'heureux. Il y a eu un ou deux imbéciles qui ont cru intelligent de huer Alagna, je pense qu'il faudrait un jour mettre ces gens la sur scène et voir comment ils se débrouillent à chanter 3h d'opéra devant plus de 1000 personnes. J'ai beaucoup aimé la réaction d'Alagna leur proposant de venir s'exprimer sur scène. J'aime cet homme!

Radu Lupu et David Zinman

Le légendaire Radu Lupu, et son petit air de ressemblance avec Brahms, était à Zürich hier soir pour jouer le 24e concerto de Mozart avec l'orchestre de Zürich et son ancien chef permanent David Zinman. J'ai souvent entendu dire que cet homme arrive à créer une bulle autour de lui quand il joue en concert. J'étais donc très curieux de voir enfin en vrai ce que cela signifie réellement. Et en effet, son entrée calme sur scène, faisant de petits pas, prenant son temps pour saluer et s'asseoir au piano, sa grande barbe et son embonpoint lui donne vraiment des airs de Brahms. Je me disais que les gens ayant vu Brahms en concert avaient eu probablement cette vision, ce qui participe au mythe.

Sa façon de jouer correspond à son attitude: il est très calme, bouge très peu, est très concentré, crée des sons magnifiques au piano ainsi que des phrases longues et contrôlées. Ce monde sonore qu'il prend le temps de former autour de lui est cette bulle dont j'avais entendu parler. Sokolov a aussi un peu ce type de jeu. Le temps semble s'arrêter quand Radu Lupu joue. Il comprend Mozart comme probablement peu de gens, c'est clair, il ne cherche pas à prouver quoi que ce soit, est simplement dans son univers, en train de recréer la musique d'un des plus grands génies de tous les temps et se dédie complètement et uniquement à cela.

En bis il à joué le 2e impromptu D935 de Schubert, tout aussi unique et magnifique.

En seconde partie il y avait la 5e symphonie de Bruckner qui dure une heure. C'était long! L'orchestre de Zürich est toujours aussi bon ainsi que David Zinman, mais très honnêtement je n'arrives pas encore à apprécier cette musique. La 7e symphonie est un peu plus facile d'accès pour moi, les autres sont encore un peu un mystère. Mais c'est quand même très impressionnant à entendre en concert à cause de l'utilisation fréquente des cuivres et de l'orchestre entier.

Romeo und Julia, Schakespeare-Prokofjew-Spuck

Romeo (William Moore) und Julia (Katja Wünsche)
Rien que le début à l'orchestre annonce déjà toute la puissance du ballet de 2h30 qui va suivre. Prokofjew construit un accord de plus en plus tendu, dissonant et fort, avec les cuivres, se résolvant qu'à moitié par la suite. Tout le ballet ne sera ensuite qu'alternance de moments au moins aussi puissants et de passages plus tendres.

C'est une des expériences musicales les plus marquantes que j'ai vécue et de loin le meilleur ballet que j'ai vu, les deux s'étant sans doute renforcés. Etant déjà un fan de l'art de notre directeur de ballet à Zürich, Christian Spuck, et chorégraphe de ce Romeo und Julia, je le reste tout autant voir plus. Je suis toujours étonné, et l'ai été encore plus cette fois-ci, quand je réalise que pendant 2h30 il n'y a que de la musique et des gens qui bougent sur cette musique et que cela suffit pour que l'on comprenne parfaitement toute une histoire complexe avec toutes les émotions qu'elle véhicule.

La musique de Prokofjew est aussi des plus géniale. Toutes les scènes de duels ou de conflits entre les deux familles ou entre deux hommes sont parfaitement amplifiées par les sons des cuivres sur des rythmes grandioses, j'en avais la chair de poule toutes les cincq minutes.

Et puis bien sûr les génies de Spuck et de Prokofjew n'étaient qu'au service du plus grand qui n'est personne d'autre que William Schakespeare dont on fêtait les 400 ans une semaine plus tôt. Les thèmes qui sont abordés et qui nous concernent tous sont immortels et personne d'autre que Schakespeare n'aurait pu mieux nous le faire sentir.

Je suis toujours très reconnaissant d'avoir la possibilité de jouir et profiter du fruit du travail de tant de talents réunis en commencant par les trois grands génies dont je viens de parler mais aussi et surtout les danseurs du Ballet qui sont exceptionels et l'orchestre qui n'a pas moins de mérite et puis il y a toute la machinerie derrière tout ça pour le décor, les costumes et tout le reste. C'est incroyable tout ce qu'il y derrière un ballet de 2h30! Miracle de notre civilisation moderne à la pointe de la perfection dans bien des domaines et en dessous de tous dans d'autres.

Je conseille aussi d'écouter la suite pour orchestre de 25 minutes que Prokofjew à fait réunissant l'essentiel de la musique qu'il a écrit pour le ballet.


Purcell - King Arthur

Ayant découvert et beaucoup aimé Alcina de Heandel en février 2014 avec Bartoli et Fuchs j'étais très curieux de découvrir un opéra de son prédécesseur anglais Purcell né 26 ans plus tôt et mort 10 ans après la naissance de ce premier qui, soit dit en passant, est né la même année que Bach et Scarlatti, soit 1685. Ce King Arthur fût d'autant plus une surprise qu'il est mi-opéra mi-théâtre. En effet une longe introduction théâtrale, donc sans chant ni musique, et de nombreuses autres interventions alternaient avec les parties d'orchestre seule, les arias et chants divers.

Bien qu'ayant eu un peu de mal au début à me faire à l'humour légèrement lourdaud et bon marché j'ai fini par adhérer et ai bien souvent souris, ris, été surpris et émerveillé. Certaines parties chantées comme "Hither this way", par Mélissa Petit dans le rôle de Philidel, m'ont complétement émerveillé, capté et fasciné. La façon de bouger, de danser, de montrer le chemin avec ses mains en bougeant son popotin en cadence, était sublime. Cette musique est même carrément obsédante, sa rythmique subtile à un effet très puissant et terriblement moderne ce qui est un aspect que je retrouve de plus en plus dans la musique baroque à mon grand étonnement et émerveillement.

Un autre air génialissime était "What power are Thou" par Nahuel di Pierro dans le rôle du Génie du froid et est tout aussi moderne et surprenant. Son inventivité rythmique et harmonique place de ce fait le baroque au dessus de bien des choses à mon grand étonnement.

Bref, je suis très impatient de vivre ma prochaine aventure baroque à Zürich.

Rigoletto -- Kelsey - Grigolo - Feola -- Zurich

Quinne Kelsey
Voila encore une boucle de bouclée: Rigoletto est le premier opéra que je suis allé voir à Zürich en 2013, et je l'ai revu ce soir avec la même mise en scène et presque les mêmes chanteurs. Je n'avais pas vraiment regardé le casting de cette soirée là jusqu'à ce que je sois sur place et que je découvre que le fameux ténor Vittorio Grigolo chante ce soir le rôle du Duc de Mantoue. J'avais découvert cette star parmi les jeunes ténors dans le film que Domingo à fait de ce même opéra.

Grigolo est un vrai ténor italien, sûr de lui, séducteur, démonstratif, dramatique, mais il faut avouer qu'il à l'atout le plus important: une voix puissante et exceptionelle. J'oserais même dire plus exceptionelle que Alagna, Domingo et sans doute rivalisant avec celle de Pavarotti. C'était une chance d'avoir pu l'entendre ce soir dans cette dernière de Rigoletto à Zürich.

Mais un autre qui m'a énormément plus est le rôle titre Rigoletto chanté par Quinn Kelsey, que j'avais déjà entendu auparavent dans un autre opéra. Quel personnage charismatique, sensible et possédant une voix parfaite également. Il a peut-être un peu souffert de la présence de Grigolo ce soir sur scène, les ténors prennent souvent plus d'importence que tout l'opéra lui-même quand ils deviennent célèbres...

Et la troisième de cette sainte trinité était Gilda chanté par Rosa Feola. Voix pour laquelle je m'étais déjà enflammé lors du premier Rigoletto de 2013. Bizarrement je n'ai pas eu cette même impression bien que m'étant fait la réflexion que c'était également de l'exceptionnel mais encore une fois je crois que l'ombre de Grigolo y était pour beaucoup. Dur monde qu'est celui de l'opéra.

Rigoletto à été écrit en 4 jours, ce qui en fait un véritable tour de force vu son niveau d'achèvement et de perfection. Saluons biensûr avant tous les autre le grand et immortel Verdi qui est à l'origine de tout ça. Victor Hugo à d'ailleurs écrit la pièce Le roi s'amuse sur laquelle est basée le livret que Verdi à utilisé. Tant de génies réunis pour nous divertir 2h, c'est incroyable, il y a des jours comme ça, on ne se rend pas bien compte de la chance que l'on a.

Klavierunterricht Zürich - Piano lessons Zurich


Privater Klavierunterricht in Zürich Kreis 7 mit Sebastien Dupuis
Internationaler Konzertpianist
Klavierlehrer seit 2001

Hofackerstrasse 17
8032 Zürich

Über Sebastien Dupuis: 

Konzertreihe das Sebastien Dupuis in Zürich organisiert:

Mehr Informationen und Fragen:
horoffra@hotmail.com
oder
076 233 83 04

DE - EN - FR - NL



Die Stunden werden im voraus bezahlt und in keinem Fall zurückgezahlt.
Eine Stunde weniger als 48u im voraus abgesagt muss bezahlt werden.

Liebe Grüsse und bis bald

Brahms Ein Deutsches Requiem

Cela fait une semaine que j'écoute cette oeuvre gigantesque tous les jours, lisant un tas de choses à son sujet, la découvrant toujours plus en profondeur. La deuxième partie, genre de marche funèbre, est depuis longtemps un de mes passages musicaux préférés. Il m'arrive souvent de l'écouter dans le noir chez moi le soir profitant de la qualité de ma chaine Hi-Fi qui redonne pas trop mal les basses et le grain des voix.

Mais cela reste quand même incomparable à une version live, qui était ce soir ma première de ce Requiem de Brahms avec en plus Bernard Haitink comme chef. Brahms à choisi lui-même des extraits de différents passages de la bible pour cette oeuvre qu'il voulait d'abord appeler Requiem des hommes puis finalement s'est décidé pour Requiem Allemand, rendant ainsi hommage à ses origines et exprimant son mal du pays qui devait être fraîchement ravivé par la mort de sa mère.

Après la très reposante et introductive première partie a suivi ma tant attendue deuxième. Succédant le crescendo de l'orchestre, sachant déjà que les choeurs vont entrer ensuite en force, ma tension physique et intellectuelle était déjà presque au maximum et quand les choeurs et l'orchestre ont atteint ce sommet ensemble j'ai eu cette écrasante impression d'être devant et entouré de quelque chose d'immensément plus grand et plus puissant que moi et tout le reste, ayant des larmes aux yeux, la chair de poule, un noeud à l'estomac, pétrifié, écrasé dans mon fauteuil, perdant toute sensation de réalité et ayant en même temps un sentiment de bonheur et de joie immense, c'est une expérience que je ne connais qu'en musique et qui en réalité est bien plus que cette faible description.

Dans la troisième partie s'est fait entendre le bariton Christian Gerhaher, très beau, équilibré, sublime.

La cinquième partie avec la Soprano Camilla Tilling était aussi merveilleuse, magnifique voix, texte parlant de la mère, très émouvant et touchant.

Dans la sixième reviennent quelques passages similaires aux puissants élans du deuxième et le réquiem se termine doucement avec sa septième partie laissant le public en présence d'un rêve... Standing ovation très chaleureuse!

J'ai eu peu d'expériences de concert aussi fortes. Merci Brahms, Haitink, Tilling, Gerhaher, le Tonhalle-Orchester Zürich, Zürich Sing-Akademie et Brown.

Payare-Vinnitskaya Operhaus Zürich

Rafael Payard
Mon cher premier concerto de Brahms en live dans la magnifique salle de l'Opéra de Zürich. Comme j'aime ce concerto, profond, doux, encore un peu naïf, me rappelant à chaque fois le passage que j'ai lu dans la biographie de Brahms ou sont évoqués ses longues ballades dans les forêts denses de l'Allemagne du Nord. Ce climat rude, froid et enneigé est bien celui du concerto.

Pour ce concerto il est difficile aussi de ne pas penser aux grandes légendes du piano qui l'on enregistrés. Je pense à Gould qui dépasse les 60 minutes ou au jeune Horowitz qui le joue en moins de 40 minutes. Je crois que Anna Vinnitskaya, que je connais grâce à sa victoire au Concours Reine Elisabeth de Bruxelles, à pris le parti de Horowitz, étant russe elle aussi peut-être, c'était un concerto fluide, mélodique, chantant, non dépourvu de force et de puissance quand il le faut. plein d'assurance, de franchise et de panache, la belle pianiste a compétement séduit le public et l'orchestre.

Sans rien enlever à la merveilleuse surprise qu'était le Brahms et Vinnitskaya, la véritable découverte pour moi ce soir était le chef Rafael Payard et la 10e Symphonie de Shostakovich. Je connaissais la 13 et ai du entendre quelques autres sans souvenir précis. On reconnaît très clairement Shosta, ses longues phrases plaintive et chargées de drame et de douleur, les grincements produits par les juxtaposition de tonalités et puis ses grandes progressions rythmées allant jusqu'à la folie furieuse et l'extase extrême. Je ne me souviens pas avoir été autant électrisé, pris d'une émotion indescriptible comme lors du 2e mouvement, court rapide et humoristique, ainsi que le dernier mouvement qui atteint des sommets vertigineux. Les mouvements plus lents avant ne font bien sûr que renforcer cette sensation par le contraste et l'attente qu'ils créent.

Le chef Rafael Payard qui était au service de la pianiste dans Brahms, humble et attentionné, s'est avéré être un genre de démon dansant, emportant son orchestre avec lui dans cette danse infernale qu'est la 10 e Symphonie de Shostakovich. Spectacle et émotions uniques et inoubliables.

La Boheme de novembre 2015 à Zürich

Ca fera maintenant la deuxième fois que je vais voir La Bohème de Puccini à l'Opéra de Zürich. Mon opéra préféré, le plus beau, le plus dramatique, le plus prennent, le plus homogène, passionnant, le plus parfait avec La Flûte enchantée de Mozart, le plus puissant avec Norma de Bellini.

Forcément j'ai comparé avec la première production que j'ai vu en janvier 2014 et j'ai moins aimé la mise en scène cette fois-ci. Il y avait bien une recherche d'être créatif et original mais ça se voyait justement et perdait ainsi son objectif. J'ai trouvé aussi que les chanteurs bougeaient trop peu, surtout dans la première partie, dans le plus beau passage, quand Rodolfo et Mimi se rencontrent: rester les bras le long du corps pendant 15min en chantant son aria je pensais que ça faisait des années qu'on avait compris que ça n'avait que peu d'intérêt scénique et dramatique, surtout à l'époque des films et de la télévision.

Bref, les chanteurs étaient quand même bons, spécialement Guancun Yu dans le rôle de Mimi et Michael Fabiano dans le rôle de Rodolfo. Mais j'ai quand même trouvé que les nuances chez presque tous les chanteurs était soir triple forte ou triple piano, sans nuances entre-deux et de ce fait un léger manque de sensibilité à mon goût.

Mais la musique en soi est tellement géniale et magnifique, l'histoire tellement dramatique et belle que le plaisir d'y assister et d'écouter, de ressentir et de vivre cette histoire en valait la peine sans hésitation. La fin m'arrache encore toujours une larme depuis 10 ans que j'écoute cet opéra régulièrement. Merci Puccini!

Lisa Batiashvili - Sibelius

Le Shéhérazade de Maurice Ravel était intéressent, sans plus pour moi. Je connaissais celui de Rimski-Korsakov avec son thème au violon qui revient à plusieurs reprises. Mais en fait j'étais venu ce soir pour entendre le concerto pour violon de Sibelius par notre nouvelle artiste en résidence Lisa Batiashvili.

Ce concerto est vraiment un des plus beaux du répertoire, mon préféré, et en plus il a la particularité d'être très différent de tous les autres grands concertos comme Brahms, Beethoven etc. Assez éloigné de la musique allemande il a un côté plus exotique pour moi et je m'imagines très bien que cette musique est imprégnée des paysages finlandais, les grands espaces, forêts, et la neige à perte de vue avec le vent et le climat rude des longs hivers nordiques.

J'ai lu que Lisa a joué ce concerto à 16 ans quand elle a gagné le concours Sibelius. La façon dont elle l'a joué ce soir en tous cas était magnifique. De la musique pure, plein de finesse, de virtuosité, de beauté. C'était un concerto très intense.

La 2e symphonie de Brahms était beaucoup sérieuse, nous étions de retour dans l'Allemagne du nord quoique celle-ci soit bien plus dynamique et parfois même joyeuse et claire que d'autres œuvres de Brahms.

Norma - Bartoli - Olvera - Zürich

Bartoli et Olvera. © Foto: Hans Jörg Michel
Il y a dix ans, encore étudiant, habitant à Bruxelles, je vais à la médiathèque chercher deux Opéras pour approfondir un peu ce répertoire. Je choisis Norma et La Bohème. Ces deux opéras me marqueront à vie et je l'ai su dès que je les ai écoutés. C'était comme découvrir qu'il existe un monde parallèle rempli de merveilles insoupçonnées. J'étais sous le choc, obsédé par cette musique, l'écoutant pendant des semaines sans arrêt, me promenant des heures durant en les chantant. En fait ce qui m'a mené à cette découverte, comme pour beaucoup de choses dans ma vie, c'est Liszt. Parmi ses nombreuses paraphrases celle sur Norma m'avait électrisé.

Hier soir, vivant maintenant à Zürich, dix ans plus tard, je vais enfin voir pour la première fois Norma à l'Opéra. Et pas n'importe quelle version, avec Bartoli dans la rôle titre. C'est comme si j'avais été écouter Norma avec Callas le siècle passé. Bartoli est une légende vivante maintenant et elle le mérite. Elle m'a impressionné du fait qu'elle ait relevé l'incroyable pari de chanter Casta Diva en se dégageant de l'ombre immense que Callas à laissé derrière elle dans cet air le plus connu au monde. Elle en a fait un air complètement nouveau, avec une technique complètement différente et c'est à couper le souffle, c'était génial, magnifique, et en plus d'un contrôle absolu comme elle sait le faire mieux que personne.

Dans le second rôle d'Adalgisa j'ai eu un plaisir tout aussi immense de découvrir une voix exceptionnelle de douceur, de clarté, de précision et d'un timbre unique: celle de la soprano mexicaine Rebeca Olvera. Les duos avec Bartoli étaient renversants. J'en ai un souvenir impérissable et ce vibrato court de cette voix de Olvera me reste encore en tête.

J'ai également beaucoup aimé la mise en scène, très originale du fait qu'il ait transposés l'histoire au 20e sous l'occupation allemande au lieu de la Gaule en 50 avant JC occupée par les romains. Le Ténor Osborn et la basse Kalman étaient tout aussi excellent que les deux rôles féminins. Le trio de la fin avec Norma et Pollione condamnés et les chœurs avec Oroveso derrière était comme prévu le point culminant de l'Opéra le terminant ainsi en beauté et laissant une fois de plus un public conquis depuis plus deux siècles grâce à l'immense génie de Bellini.

Falstaff avec Bryn Terfel à Zürich

Pour commencer l'année avec un peu d'humour et de bonne humeur, rien de mieux que le dernier opéra du vieux Verdi de 80 ans: Falstaff! En plus le rôle de Sir John Falstaff est tenu par le grand Bryn Terfel. Cet homme est grand autant de stature que par sa renommée et son talent. Ce rôle lui va comme un gand. On pourrait croire qu'il est tout simplement lui-même sur scène, dans ce rôle comique du noble imbu de sa personne et un peu naïf.

Je suis souvent déçu par les voix de basses trop approximatives et chargées de vibrato, ce qui n'était pas le cas chez Bryn, qui à une maîtrise telle qu'on en oublie qu'il chante et qu'il y a une technique derrière tout ça. On peut vraiment dire que c'était parfait.

L'opéra commence sur les châpeaux de roues: entrée de l'orchestre et des voix directement sans prélude. On a le personnage principale dès le début et on entre tout de suite dans le coeur de l'histoire. Je note au passage la belle mise en scène et les costumes qui étaient très plaisants.

Ceux qui, comme moi,  s'intéressent aux opéras de Wagner et Verdi et qui ne connaissaient pas Falstaff, auront peut-être eu également l'impression que la musique et la façon de traiter les voies et de les marier avec l'orchestre se rapprochait de Wagner. Bien qu'il n'y ait pas d'utilisation de la technique du leitmotiv comme chez Wagner il n'y a pas vraiment eu non plus de grandes mélodies romantiques comme Verdi l'a fait plus souvent auparavant dans Traviata ou Rigoletto par exemple.

Dans Falstaff tout va très vite, il y a beaucoup de texte, parfois beaucoup de voies en même temps et même des fugues. Tout ça en fait un opéra très amusant, comique, dense, inventif, novateur et signe de façon magistrale la dernière oeuvre du grand maître pour terminer sa carrière.

Verdi Traviata Zürich Yoncheva Breslik Kesley

La Traviata de Verdi est probablement l'un des opéras les plus célèbres et dont les airs sont connus de presque tout le monde, que cela soit conscient ou inconscient. L'histoire (basée sur La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils) est tragique, comme très souvent chez Verdi et c'est ce qui fait sa force car de fait personne ne peut y être insensible. La musique qui colle parfaitement à l'histoire accentue encore cette sensation forte au départ et il suffit d'avoir d'excellents chanteurs pour que cela devienne irrésistible et poignant au plus haut degré.

C'était le cas ce soir: Sonya Yoncheva dans le rôle de Violetta, voix puissante, dramatique, avec des accents rappelant parfois la Callas dans les graves dramatiques. Pavol Breslik dans le rôle d'Alfredo n'a plus à prouver qu'il est une super star parmi les ténors. Toujours aussi élégant sur scène et tant de sensibilité allié à une technique sûre et fine. Et pour une fois j'ai adoré une basse dans le rôle du père d'Alfredo, l'incroyable Quinn Kesley. Sa voix puissante, juste et chaude à fait l'unanimité du public qui l'a ardemment applaudi.

D'un bout à l'autre cet opéra donne des frissons, émeut, vous donne des larmes aux yeux. Le sacrifice de Violetta par amour pour Alfredo, le fait qu'elle soit condamnée dès le départ, les duos entre elle et le père qui seulement à la fin de l'histoire se rend compte de ce qu'il lui a demandé et le regrette. Les airs d'Alfredo et Violetta séparément ou ensemble sont parmi les plus beaux du répertoire. Des mélodies uniques incarnant le sentiment amoureux comme jamais. Toutes ces choses et encore tant d'autres détails qui ont bien-sûr leur importance sont les clés de l'immense succès que la Traviata a connu et connaîtra encore longtemps.

C'est une magnifique illustration des scènes de la vie des hommes et de leur complexité, tournant toujours autour de l'inépuisable thème de l'amour, cette force qui dirige notre monde et nous concerne tous sans exceptions, responsable des plus beaux et des plus tristes moments de nos humbles vies. Verdi en était plus que conscient et à su le préserver dans ces deux heures et demie de pure beauté.

Rach 3 - Yuja Wang - Zurich

Après le 2e concerto de Prokofiev, Yuja Wang nous joue au Tonhalle de Zürich l'autre monstre du répertoire des concertos, le 3e de Rachmaninov. Pour terminer la saison on aura le troisième monstre du répertoire, le 1e de Tchaikovsky. Belle palette pour une saison.

Ce concerto connu aussi sous le nom de Rach 3 est une légende pour les pianistes, il fait 40 minutes, le piano à une partie terriblement difficile et ne s'arrête presque jamais. Rachmaninov écrit ce concerto pour sa tournée au USA voulant montrer de quoi il est capable et triompher en tant que pianiste virtuose.

Vladimir Horowitz s'est ensuite fait le champion de cette oeuvre monumentale recevant même l'immense compliment de la part du compositeur qui lui dit qu'il le joue mieux que lui même et que ce concerto est désormais le sien.

Notre artiste en résidence du Tonhalle de Zürich, Yuja Wang, pousse la performance encore plus loin: elle innove tant dans la précision qu'avec de nouveaux éclairages thématiques ou changements de tempi et d'atmosphères très subtiles en parfaite collaboration avec, à la baguette, Lionel Bringhier, notre nouveau chef permanant de l'Orchestre du Tonhalle de Zürich.

Il y a eu des moments de pure folie et d'intensité, les cadances construites en creschendo allant du calme le plus absolu au déchainements de sons et d'accords les plus incroyables. J'étais captivé d'un bout à l'autre du concerto et émerveillé de découvrir que l'on peut toujours proposer une nouvelle lecture d'une oeuvre presque surjouée.

Mozart Figaro Zurich

Après la flûte enchantée le mois passé, les Noces de Figaro ce premier mois de la nouvelle année 2015. Il est sans doute, avec Don Giovanni et le flûte, l'un de trois opéras de Mozart les plus populaires et les plus réussis!

Je ne penses pas que l'on puisse se lasser de Mozart. C'est une réflexion que je me fais de plus en plus souvent, soit en le jouant au piano, soit en écoutant son requiem et ses concertos, ou en allant voir ses opéras.

De ses six derniers opéras majeurs, j'aurai vu maintenant Le Nozze di Figaro, Don Giovanni, Cosi fan tutte et Die Zauberflöte. Il me reste encore La Clemenza di Tito (qui me résiste depuis des années) et Die Entführung aus dem Serail (que je connais déjà en grande partie) à voir. Je peux donc dire en connaissance de cause: j'encourage tout le monde de ne jamais hésiter à aller voir un des ces opéras, étant connaisseur ou non. Avec les opéras de Verdi et Puccini ce sont sûrement les plus abordables et les plus réussis dans leur ensemble.

Ce soir j'ai été, une fois de plus, ravi d'entenre Julie Fuchs, notre petite française engagée par l'opéra de Zürich depuis plus d'un an je crois, que j'ai découvert avec émerveillement dans Fidelio et admiré auprès de Batoli dans Alcina. Le rôle de Susanna n'avait aucun de souci à se faire avec une telle interprète.

Mais Julia Kleiter qui à fait son début dans le rôle de La Contessa di Almaviva m'a tout autant séduite. L'air qui ouvre le deuxième acte, Porgi amor, ou elle parle du temps ou Le comte Almaviva et elle s'aimaient encore, était vraiment d'une douceur, une justesse, une beauté incroyable, la salle entière à explosée en applaudissements et ne voulait pas s'arrêter.

Et puis il faut saluer la prestation de Christina Daletska qui, au dernier moment, à remplacé celle qui devait tenir le rôle de Cherubino. Une voix exceptionelle également, avec un magnifique leger vibrato terriblement séduisant.

L'ensemble des chanteurs et l'orchestre étaient biensûr également de la plus haute qualité, inutile de le souligner, ils sont toujours au rendez-vous! Comme je suis heureux de vivre à Zürich et de pouvoir en profiter!

Zauberflöte - moZart - Zürich


Le pouvoir magique de la musique est qu'au plus on écoute une oeuvre plus on l'aime, ce qui est l'effet inverse de la plupart des autres choses ici-bas. Je connais cet opéra sans doute mieux que n'importe quel autre opéra, je l'ai entendu depuis ma naissance, c'est le premier que j'ai déchiffré, le premier que j'ai accompagné, le premier que j'ai vu sur scène, le premier dvd que j'ai acheté; depuis je lécoutes, le réécoutes, le relis, le chante, je connais quasi chaque mot et chaque note par coeur et je l'aimes toujours plus.

Entre une histoire amusante pour enfants, un message maçonnique, une analyse psychologique de la situation familiale père-mère-fille et de la situation entre deux amants, un message d'amour; impossible de vraiment définir cette oeuvre qui est l'une des dernières de Mozart, composée d'ailleurs à la même période que le réquiem qui est une messe de mort, soit l'opposé de cet opéra humoristique.

Ce qui m'a aussi frappé, un jour que je suivais la partition en lécoutant, est que chaque mélodie et harmonie chantent pour elles-mêmes, l'on comprend presque intuitivement les sentiments que portent la musique sans en connaître le texte. C'est quand on lit le texte en même temps que l'on se rend compte à quel point les deux s'accordent à la perfection. Et ceci d'un bout à l'autre de l'oeuvre.

Le tour de force et ce qui prouve le génie de Mozart est sans doute aussi que cet opéra parrait complètement "normal": tout le monde connait les airs de la reine de la nuit ou de papageno ou les a au moins déjà entendus, et pourtant il continue à fasciner, à surprendre, il parait toujours nouveau. On garde toujours ce sentiment d'être en présence de quelquechose d'exceptionel même après en avoir découvert l'envers du décors et d'avoir vécu en sa présence pendant des années.

Mais ce soir, lors de cette première à Zürich c'est Mari Eriksmoen qui m'a particulièrement séduite dans le rôle de Pamina. Sa voix d'une beauté envoûtante, son sens de la musique et des phrases, son jeu, sa présence, tout était magnifique. Mozart n'a pas mis ce rôle au centre de l'opéra pour rien je penses, et ne lui à pas donné les plus belles mélodies par hasard. J'aimes croire que le message final que Mozart à voulu donner au monde à la fin de sa vie, caché derrière le rire et l'absurde pour que cela passe plus facilement sans doute, est que l'amour est bien la plus belle chose qui soit, l'amour entre deux amants mais probablement aussi ou surtout l'amour entre les êtres humains.


Récital d'Aaron Pilsan à Zürich

Ce jeune pianiste autrichien de 19 ans qui a déjà joué dans la plupart des grandes salles en Europe s'est produit ce soir dans la Kleine Saal du Tonhalle. C'était un des concerts de la Série jeunes mis en place pas le Tonhalle de Zürich.

Bien qu'irréprochable, plein d'inventivité et de fougue, la première partie du récital était plutôt en demi teinte. C'était peu-être un sentiment personnel mais quelque chose ne passait pas. Brillante sonate de Haydn, avec des prises de risques amusantes du aux tempi parfois excessifs, suivie de la Wandererfantasie de Schubert toute aussi impressionnante.

Une qualité constante chez Aaron est le son plein et jamais dur de son jeu, mais justement j'aurais bien aimé en avoir de temps en temps de ces sons un peu agressifs qui auraient témoignés d'un peu d'émotions personnelles, ce qui nous auraient plus touché qu'un jeu calculé et de "bon goût".

Entendons-nous bien il ne s'agit ici que d'infîmes détails car nous étions bien en présence d'un immense talent et le récital était de la plus haute qualitée, aucune remise en question à ce niveau là.

Kreisleriana de Schuman qui terminait le récital en était la preuve flagrante. A partir de cette oeuvre j'étais enfin absorbé par la musique. Aaron est jeune est en posséde encore les qualitées qui sont la fougue, le plaisir de prendre des risques, ce qui nous amuse tout autant, et de la franchise.

En bis il nous a annoncé trois valses de Schubert et sous les applaudissements acharnés du public il nous a sorti, en deuxième bis, une oeuvre qu'à mon avis il n'avait pas prévu de jouer ce soir là. Il s'est excusé en disant qu'il espère que l'Andante Spianato et Grande Polonaise de Chopin qu'il allait nous jouer ne serait pas trop long. C'était magnifique, sous les hourras et tonnerres d'applaudissement s'est terminé ce superbe et surprenant récital d'Aaron Pilsan.

David Fray joue le 22e de Mozart à Zürich

David Fray, le pianiste français que l'on à beaucoup comparé à Glenn Gould du fait qu'il se soit fait connaître par son brillant enregistrement des concertos de Bach. Le personage que Fray s'est créé se rapproche aussi un peu de Gould, il chante en jouant tout comme lui, est recourbé sur son clavier, absorbé par son jeu, en dehors de toute réalité quand il joue ou quand il dirige l'orchestre qui l'accompagne dans les concertos.

Ont suivis ensuite du Schubert et des concertos de Mozart, toujours aussi brillant, fin, subtil, doux, d'un sens musical clair et sûr, une autorité incontestable en même temps qu'un calme et une grande douceure. Il est de ces pianistes qui fascinent quand il jouent car l'on se demande tout au long du jeu ce qui est en train de se passer sans jamais vraiment arriver à comprendre.

Ce soir à Zürich il à joué le 22e concerto de Mozart. Ce concerto moins connu que les deux illustres qui l'entourent, à savoir le 21 dont le mouvement lent est sans doute le plus connu de tous, et le 23e dont le mouvement lent et ses grands sauts de mélodies fascinent le monde des pianistes depuis toujours et séduit tous les mélomanes.

Il est sans doute moins connu que les deux autres du fait qu'il est très étrange, plein de surprises et difficile à saisir dans son ensemble. Mozart joue avec la forme, les thèmes, innove sans arrêt, perturbe, surprend, et finallement désoriente l'auditeur par trop de génie. Mais avec du temps et de la patience on finit par mieux comprendre cette oeuvre et même l'aimerer plus que les autres, comme c'est souvent le cas en musique.

Mozart était un des plus grans génies de tous les temps et Fray est largement à la hauteur pour nous le prouver. Comme quoi même quand on est très parisien, avec des airs supérieurs et aristocrates comme ceux qu'il se prête on peut saisir l'essence de la musique d'un génie Autrichien. Ce qui nous ramène toujours à cette même conclusion: la musique est un language universel.

Lohengrin à Zürich

Lohengrin
Mon premier opéra cette saison. Je n'ai pas commencé par le plus façile, car Lohengrin de Richard Wagner est un opéra qui dure plus de quatre heures. Je suis rentré à 17h et ressorti vers 22h, il faut compter deux pauses de 20 minutes. De Wagner j'avais déjà vu Der Fliegende Hollander à Bruxelles et Tannhäuser à Bordeaux et les deux m'avaient beaucoup impressionnés. Finallement je suis en train de les découvrir dans l'ordre car c'est son troisième opéra sans compter les oeuvres de jeunesse. J'avais aussi déjà vu Der Ring des Nibelungen en DVD, la version de Chéreau et Boulez, mais ce n'est pas pareil qu'à l'opéra biensûr!

Contrairement à beaucoup de versions que l'on peut voir sur Youtube ou en DVD, ou je trouve que souvent les chanteurs chantent terriblement mal, avec de larges et gras vibratos ou tout simplement faux, le casting de Zürich était excellent. Car à mon avis Wagner est déjà assez difficile à apprécier quand on ne le connaît pas et le genre de chanteurs que j'ai évoqué en premier le desservent malheureusement plus qu'autre chose, stigmatisant la musique de Wagner par des adjectifs comme "lourd" "pompeux" etc. Ce sont déjà des opéras suffisemment longs et complexes musicalement, il faut vraiment des chanteurs excellent, sinon c'est insoutenable.

Le premier acte est très prennant, la musique est d'un génial absolu, toute la puissance de Wagner est là, son génie est hors du commun, il arrive à des extrèmes émotionnelles sans précédent. Aussi bien l'histoire que les thèmes utilisés (dans l'histoire et musicaux), la musique en accord avec l'action, avec les émotions, les personnages, tout se tient, tout est lié, enchevêtré, tout prends sens, c'est du génie absolu, c'est évident. Dans Lohengrin il y a des passages ou les personnages sont fiers d'appartenir à leur pays, il y a ce genre de patriotisme qui d'un certain point de vue peut sembler ridicule mais d'un autre cöté j'ai senti la force que dégage un tel enthousiasme de masse pour une appartenance commune, ajouté à cela une musique grandiose, l'effet est colossale! C'est une force qu'a Wagner je dois dire, tant que cela reste sur scène à l'opéra...

J'ai trouvé le deuxième acte un peu plus faible et long mais le troisième était de nouveau très prennant (c'est aussi par là qu'il à commencé à composer son opéra). Finallement on ressort toujours avec un tas de sujets et morales à méditer après un opéra de Wagner. C'était un homme peu recommendable, mégalomane et très égoïste mais un génie tout de même avec de grandes idées.

p.s. la première de cet opéra était sous la bagette de Franz Liszt à Weimar et était un grand succès en grande partie du fait de la présence de Liszt...

Lionel Bringuier et Yuja Wang, Tonhalle de Zürich

Ah que je suis heureux de vivre à Zürich. La saison dernière j'ai assisté à 35 concerts et opéras et je dois dire qu'on à vraiment eu une magnifique programmation d'une excellente qualité.

Cette nouvelle saison 2014-2015 vient donc de commencer sur les chapeaux de roues avec deux concerts d'ouverture nous présentant notre cher Lionel Bringuier, nouveau chef permanent de l'Ochestre du Tonhalle de Zürich, Yuja Wang, pianiste en résidence cette saison, elle jouera plus tard dans la saison le 3e de Rachmaninov (avec lequel l'orchestre part en tournée), le 1er de Tchaikovski et un concert de musique de chambre, et Esa-Pekka Salonel de qui nous pourrons découvrir de nouvelles oeuvres tout au long de la saison.

Je ne suis pas particulièrement fan de musique contemporaine mais régulièrement je découvre quelque chose de nouveau en concert et j'en suis souvent très heureux. Ce jeudi 11 septembre c'était la création de Karawane de Esa-Pekka Salonen. Le compositeur était présent et a même travaillé avec Lionel les jours précédants les concerts. Cette oeuvre pour choeur et orchestre de 25 minutes s'est imposée par sa puissance, sa beauté, parfois brutale, parfois très rythmique et cadencée tout en formant un ensemble unique et dense. La technique de battue de Lionel, changant de mesure très souvent dans cette oeuvre ainsi que de tempo, est très impressionnante et précise. Les yeux dans les yeux avec l'orchestre et d'une énérgie sans limite, c'est en effet un véritable Lion, comme l'a introduit Martin Vollenwyder, le nouveau président du Tonhalle-Gesellschaft Zürich, au début du concert.

Le 2e concerto pour piano de Prokofiev est connu pour être un des plus difficile et exigeant du répertoire. Yuja Wang est déjà assez connue pour ce genre de répertoire et particulièrement pour ce concerto qui lui va à merveille et dans lequel elle peut bien mettre en évidence l'énergie débordante et la technique incroyable qui l'ont rendue célèbre.

Il y a des passages d'une immense douceur et d'une beauté harmonique très dense et puis régulièrement d'autres moments plus endiablés. La cadence du premier mouvement par exemple où on à l'impression que tous les éléments de l'univers se concentrent dans ces quelques minutes de folie pianistique pour ensuite éclater dans l'immensité lorsque l'orchestre revient avec de grands accords soutenant les arpèges du piano, donnant l'impression que Lucifer lui même vient de rentrer en grande pompe sur scène. J'en étais pétrifié!

Le moto perpetuo du 2e mouvement n'est pas moins impressionnant, puis les 3e et le 4e mouvements s'en suivent sans nous laisser de repos, surtout le dernier, d'une furreur inouïe, à se demander comment cette petite pianiste chinoise fait pour faire sonner le monstre noir qu'elle a en face d'elle et qu'elle massacre au service de la musique remplissant toute la salle d'une sonorité puissante. J'attends avec impatience les deux autres concertos de la saison!

En bon français et chef d'orchestre Lionel a terminé ce concert par la gigantesque Symphonie Fantastique de Hector Berlioz. Ce dernier était un orchestrateur novateur et était doué d'un génie très particulier. Le titre original étant "Episodes de la vie d'un artiste" il est assez façile de suivre les différentes scènes parcourues de ce thème récurant, appelé l'idée fixe, représentant sa bien-aimée. Les 5 scènes: Rêveries, Un bal (dans laquelle on a pu entendre l'excellente nouvelle harpiste, Sarah Verrue, qui vient d'être nommée à l'orchestre et qui est une compatriote charmante que j'ai eu l'immense honneur de rencontrer), scène aux champs, Marche au supplice et Songe d'une nuit de Sabbat passent par toutes les émotions possibles et immaginables, explorent toutes les possibilités de l'orchestre qui sont immenses pour celui du Tonhalle de Zürich sous la direction de Lionel Bringuier et ont amené le public à une standing ovation clôturant ce magnifique concert, ouvrant cette nouvelles saison de façon extraordinaire et promettant une passionnante nouvelle aventure qui n'a fait que commencer ce soir à Zürich pour le plus grand plaisir des mélomanes zürichois.

Mitsuko Uchida à Zürich

Notre cher David Zinman, chef du Tonhalle Orchester de Zürich, quittera son poste fin de la saison et sera succédé par le jeune chef français Lionel Bringuier. Pour terminer en beauté Zinman a décidé de faire une dernière fois l'intégrale des symphonies et des concertos pour piano de Beethoven. Cette série à commençé par le 3e concerto avec Radu Lupu que j'ai malheureusement raté, et la 3e symphonie. Le suivant était avec les symphonies 1 et 6 et Andras Schiff jouant le 4e concerto.

Le troisième etait avec Mitsuko Uchida jouant le 5e concerto, et en deuxième partie la 7e symphonie. Uchida est très connue pour ses enregistrement de Mozart, Beethoven et Schubert. Moi je l'ai découvert avec son disque des études de Debussy et l'intégrale des sonates de Mozart. Avec elle tout est toujours clair et limpide et d'une extrème exactitude.

Ce concerto porte le titre d'Empereur, titre donné par un éditeur voulant souligné le fait que c'est le dernier et le plus grand des 5 concertos. Uchida nous en a d'ailleurs donné une version impériale, majestueuse, pleine d'énergie et d'intelligence. Cette femme ne joue vraiment rien à moitié et déploie une energie incroyable, donnant toute de sa personne dans chaque note du début à la fin. Je suis vraiment heureux d'avoir pu entendire cette légendaire pianiste à Zürich. La salle était d'ailleurs plus que pleine, comme pour Sokolov ils avaient ajoutés des chaises dans le couloir. Pour le public enthousiaste elle à joué une partie du carnaval de Schumann, c'étai merveilleux.

Sokolov à Zürich

La légende Sokolov, j'avais entendu parler. Mais je ne comprenais pas, bien qu'ayant entendu ces enregistrements live, ce qu'on lui trouvait de plus qu'aux autres grands pianistes. Eh bien c'est à ce concert du vendredi 16 mai 2014, dans la grande salle du Tonhalle de Zürich que j'ai découvert et vécu la le myte Sokolov. Les concerts qui m'ont le plus marqués sont ceux de Krystian Zimerman. A présent j'ai découvert qu'il existe une autre alternative. Aux antipodes tous les deux ce sont des génies du concert comme le devais être Liszt.

Quand j'essaye d'expliquer aux gens que ce concert était un des meilleurs que j'ai entendu, la façon la plus simple de leur faire comprendre ce que j'ai ressenti est de leur dire que je suis resté les yeux fixant le vague, mon souffle quasiment coupé, mon attention ininterrompue pendant 3 heures de concert, capté totalement par chaque son émanant du jeu du virtuose russe. On pourrait dire parfois qu'il en fait trop ou qu'il joue trop lentement, mais personellement j'ai été entièrement convaincu par ses options de jeu. Il garde une telle intensité d'un bout à l'autre de chaque oeuvre qu'il m'était impossible de bouger ou de penser à quoi que ce soit d'autre, et quand on croit qu'il est au maximum il la fait encore monter.

Ce qu'il y a d'extraordinaire aussi c'est que ce pianiste n'a visiblement que faire de son apparence, on ne trouve aucune photo de lui si ce n'est des photos de concert, il ne veut faire aucun enregistrement studio ne voulant pas perdre le spontanéité d'un concert et de ce fait n'a que des enregistrements live, ne fait aucune publicité (tout comme Zimerman d'ailleurs), et arrive malgré tout à remplir entièrement la grande salle du Tonhalle ou l'on avait même ajouté des chaises dans les couloirs et sur scène.

Après chaque oeuvre il se lève salue rapidement et disparait, puis revient simplement resalue et commence à jouer sans se soucier du public. Tout est dans son jeu et exclusivement là, rien à part cela n'a d'importance pour ce pianiste et je pense que c'est une leçon que nous pouvons tous retenir dans cette époque de multimédia et de marketing qui fait des artistes des produits de commerce, des objets victimes du show business.

Il a joué la 3e sonate de Chopin qui est divinement belle et 10 Mazurkas après la pauze. Les 6 bis qu'il à joué étaient les impromptus de Schubert op.90 nos.2,3,4, le Klavierstück D946 no.2, une Mazurka de Chopin et une oeuvre simple et jolie que je ne connais pas. Le public n'en revenait pas, était debout après chaque bis, applaudissant et criant bravo. Ayant commencé à 19h30 le concert s'est terminé à 22h30 et j'ai eu l'impression qu'il s'était écoulé une demi heure!

Krystian Zimerman

Rien à voir avec Zürich si ce n'est que ce merveilleux pianiste, celui que j'admire le plus parmi les legendes vivantes, s'y produit, à mon grand bonheure, régulièrement.

Ici une de ses dernières et rares vidéos, jouant ma sonate de prédilection de façon indescriptible: c'est tout simplement un miracle d'équilibre, de bon sens, de simplicité et de spontanéité en même temps.



Sleeping Beauty de Mats Ek

Yen Han. Photo: Bettina Stöss
Jamais deux sans trois, Sleeping Beauty du chorégraphe Mats Ek était donc mon troisième ballet à Zürich. Toujours autant enthousiaste de l'inventivité, la créativité, l'humour et la recherche des excès des chorégraphes actuels.

Le rôle principal, celui de la princesse Aurore, était dansé par la soliste Yen Han. Cette femme assez frêle, fine et très élégante, qui n'a l'air de rien de premier abord est douée d'un force d'expression hallucinante. La vitesse, la précision et la portée de ses mouvements ont totalement capté mon attention dès qu'elle apparaissait sur scène.

Mais le ballet à en réalité commencé par un duo que j'ai adoré: Mélanie Borel tenait le rôle de la Reine Sylvia et Filipe Portugal, que je trouve très élégant, fin et subtil ainsi que bon acteur, le rôle du Roi Florestan.

Autre trio qui s'est étendu à un quatuor est celui, très comique, truffé de pointes d'humour, des quatre fées. Ayant chacune un caractère bien marqué et caricaturé elles ont jouée le jeux avec beaucoup d'enthousiasme. Juliette Brunner, la fée d'or, très élégante et subtile. Galina Mihaylova, la fée émeraude, naturelle et fraîche. Irmina Kopaczynska, la fée argent, directe et franche. Et l'italienne Giulia Tonelli, la fée rubis, aguichante et provocatrice

Eva Dewaele quand à elle tenait le rôle tout aussi humoristique de la grand-mère qui nous apparaît d'abord comme une petite vielle recroquevillée sur elle même et capable seulement de peu de mouvements quand soudainement elle nous fait une série de sauts et de cabrioles en l'air, se défendant de Carabosse (dansé par le très talentueux arménien Arman Grygorian) qui lui fait faire une roue et finit par se prendre son sac dans la tête. Un peu plus tard surviennent même une quirielle de grands-mères, portant toutes le même costume très amusant et superbement dessiné, dans une chorégrafie endiablée.

Les détails des décors et objets divers amenés sur scène étaient aussi très originals comme cette petite voiture grotesque que conduisent le couple royal au début et plus tard la Princesse et Carabosse. Le ballet avait commencé par la Reine accouchant d'un oeuf blanc, évoquant ainsi la venue au monde de la Pricesse Aurore. Celle-ci accouche à son tour, à la fin du ballet, d'un oeuf mauve, couleur que portait Carabosse...


Gidon Kremer au Tonhalle avec Beethoven

Je connais Gidon Kremer du fait qu'il ait eut un prix au Concours Reine Elisabeth en Belgique. Il est né à Riga comme ma grand-mère paternelle et est un élève de David Oistrack qui est un des grands violonistes russes que l'on admire tous.

Gidon Kremer n'étais pas venu jouer au Tonhalle de Zürich depuis 25 ans. Le public zürichois à donc eu le privilège immense de revoir cet artiste hors du commun venir jouer le concerto de Beethoven pour violon, qui est un des plus longs et difficiles du répertoire. Hors du commun dans le sens ou, en plus d'être un intérprète de référence du répertoire classique, il s'est très souvent aventuré dans d'autres styles de musiques comme la musique contemporaine, les tangos de Piazzolla etc, et à fondé son ensemble contemporain portant le nom de Kremerata avec lequel il à fait de nombreux concerts durant beaucoup d'années.

Les cadences du concerto étaient de la composition de Kremer lui-même, s'étant inspiré de la cadence que Beethoven a écrit pour sa version piano du concerto. Les tymbales et quelques instrument à vent y jouent leur rôle également et je dois dire que l'ensemble était plutôt surprenant. Et puis comme bis il nous à sorti un morceau pour violon solo d'un compositeur issu de Kiev, dont je n'ai malheureusement pas compris le nom, en hommage aux horreurs qui s'y passent en ce moment.

Deuxième partie du programme était la 4e et dernière sysmphonie de Brahms par David Zinman et son orchestre du Tonhalle de Zürich. Cette symphonie n'est pas façile d'accès et n'a d'ailleurs reçu qu'un accueil mitigé lors de sa création, mais Brahms n'est pas un compositeur qui se laisse approcher façilement, même quand on est un musicien professionel. Par contre une fois qu'on à attrappé le virus on ne peut plus s'en défaire et ça devient alors la musique la plus géniale au monde.

Pour terminer je me dois dire dire qu'un coffret est sorti il y a peu de temps rassemblant tout les enregistrements que l'Orchestre du Tonhalle de Zürich à fait, soit près de 60 disques je crois et est disponible au Tonhalle. Il rassemble plusieurs intégrales de symphonies dont celles de Mahler, Brahms, Beethoven, Dvorak etc.

La symphonie du nouveau monde de Dvorak à Zürich

Dvorak, sa famille et amis à New York en 1892
La musique de Dvorak en soi est un nouveau monde, plein de nouveaux paysages et de beauté. Comme je l'ai déjà écrit losque je suis allé écouter son concerto pour violoncelle et sa 5e symphonie à de précédents concerts du Tonhalle de Zürich: tout chez Dvorak est magnifique, on est toujours surpris et émerveillé par son exotisme, son âme slave, sa fraîcheur. L'évocation de la nature est présente partout dans son oeuvre et particulièrement dans cette 9e symphonie qu'il composa en arrivant à New York pour occuper son nouveau poste de directeur du conservatoire et professeur de composition en 1892.

Il n'y à sans doute pas dans toute l'histoire de la musique de passage plus pur, plus enchanteur, plus simple et doux que la mélodie que joue le cor anglais au début du deuxième mouvement de la symphonie.

La première fois qu' j'ai entendu cette symphonie c'était au Palais des Beaux Arts à Bruxelles étant adolescent et je me souviens très bien de l'effet que m'a fait ce second mouvement: le temps s'est arrêté, je me suis trouvé en présence d'un rêve, ne réfléchissant plus à rien, laissant simplement ces notes entrer en moi et me procurer cette sensation unique et presque indescriptible, bien que l'ayant en ce moment tenté sans grande satisfaction. J'ai également retrouvé cette sensation unique cette fois-ci sous la direction de David Zinman et son Orchestre du Tonhalle de Zürich. Et, chose encore plus belle, est quand on à la possibilité de partager unt tel moment avec quelqu'un... que demander de plus?

Mais le concert a en réalité commencé par le 2e concerto pour violon de Prokofiev par Janine Jansen au violon. La musique de Prokofiev à quelquechose de magnétique, de fort, de parfois brutal. Ce concerto, très difficile et horriblement complexe du point de vue harmonique n'est sûrement pas à la portée d'une première écoute, c'est un lagnuage qu'il faut apprivoiser et que l'on finit par vraiment apprécier alors. Janine Jansen n'a plus rien à prouver, c'est une musicienne avant tout. C'était un concert mémorable à bien des points de vue!

Krystian Zimerman de retour au Tonhalle de Zürich en mars!

Hélas, trois fois hélas, mille fois hélas, je ne serai pas à Zürich lors du passage du plus grand de tous les pianistes vivants: Krystian Zimerman, qui vient jouer les 8 et 9 mars 2014 à 19h30 au Tonhalle de Zürich le concerto de Gershwin. Je ferai moi-même à ce moment là deux récitals en Hollande...

La première fois, en mai 2013, j'avais vu une affiche par hasard dans les rues de Zürich disant qu'il venait jouer le concerto de Lutoslawski à Luzern et Zürich plus tard, auquel je suis allé biensûr. Puis j'ai raté son récital avec les études de Debussy au Tonhalle, étant à Berlin. Et cette fois-ci, ayant épluché le programme de cette saison en septembre et déçu de ne pas voir apparaître son nom, j'ai été surpris à nouveau: dans un endroit perdu de Zürich je vois une affiche avec la tête de Zimerman, j'ai cru que ce devait être une ancienne affiche, mais non elle annoncait deux concerts en mars.

En plus du concerto de Gershwin il y aura, sous la direction de David Zinman et le Tonhalle-Orchester Zürich, la symphonie no.3 de Roy Harris (jamais entendu parler, à découvrir), Symphonic Dances from "Westside Story" de Leonard Bernstein (tout de Berstein est génial, inutile de parler de Westside Story...)  et Billy the Kid de Aaron Copland (connaît pas cette oeuvre mais ça doit-être bien aussi).

Que dire de plus... je ne peux que conseiller à tout Zürich de se ruer, se précipiter, courir acheter le plus de places possibles et d'aller écouter ce pianiste hors normes et découvrir ces oeuvres. Il y a beaucoup de pianistes que je trouve exceptionels, que j'admire énormément: ceux du passé, les légendes vivantes et les jeunes dieux de l'avenir, mais Zimerman n'est dans aucune de ces catégories, comme l'a dit un jour quelqu'un de Liszt: si d'autres sont les plus grands pianistes au monde, lui est le seul pianiste au monde.